JACQUES-BERNARD MAGNER

Jacques-Bernard Magner en débat en séance avec la Ministre Najat Vallaud-Belkacem sur le trentième anniversaire du baccalauréat professionnel.

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Quel avenir pour les bacheliers professionnels ?

de François JARRAUD du Café pédagogique

Pour une fois, le lycée professionnel n'aura pas été oublié. Le 2 mars. le Sénat a débattu en séance plénière du bac professionnel à l'occasion de ses 30 ans. Le débat a mis en évidence les défis que doit relever le lycée professionnel. Mais il a surtout montré des projets différents pour l'avenir de cette voie. La ministre a confirmé des orientations déjà données fin janvier. Une certitude : le vrai défi du bac pro se situe après lui. Trente ans après le bac pro, il serait temps de s'interroger sur le devenir des bacheliers professionnels dans le supérieur...

 

L'explosion des bacs pros

Réussite ou échec ? Les lycées professionnels scolarisent plus de 500 000 jeunes dont on connait les caractéristiques sociales et scolaires. Dans ces lycées, les bacs professionnels ont connu depuis 2009 une véritable explosion. Depuis 2010 on est passé de 120 000 bacheliers professionnels à 190 000 par an. C'est le bac professionnel qui porte totalement la démocratisation du baccalauréat. Cette réussite s'est faite tout en diminuant les moyens des lycées professionnels (le nombre de PLP a diminué de 66 000 à 56 000 de 2005 à 2012 puis est remonté à 60 000) grâce à la  suppression brutale d'une année d'enseignement.

Du coup, 30 ans après la naissance du bac professionnel celui ci a complètement changé. Ses élèves sont nettement plus jeunes. Les formations se sont déprofessionnalisées comme l'a rappelé le sénateur (PC) Patrick Abate lors du débat. Des inégalités sont apparues entre les filières certaines étant en grande difficulté comme le bac GA ou l'ASSP.

 

Un diplôme d'insertion ou une étape vers le supérieur ?

Mais c'est le post bac qui fait débat au Sénat ce 2 mars. Deux conceptions s'affrontent. Jacques Bernard Magner (PS) et Maryvonne Blondin (PS) ont souligné la réussite de la voie professionnelle malgré des difficultés d'orientation et une hausse du décrochage. Les poursuites d'études vers le supérieur ont été saluées. Aujourd'hui presque un élève sur deux souhaite continuer des études supérieures.

Les sénateurs Les républicains, Jacques Legendre et Jean Claude Carle ont défendu des positions bien différentes.  Pour Jacques Legendre, "il y a confusion sur les objectifs du bac professionnel". Pour lui le bac pro doit conduire à l'insertion dans l'emploi. Le salarié s'en remettra plus tard à la formation continue s'il souhaite poursuivre des études supérieures...  L'idée a été défendue également par JC Carle. Il a souligné les taux d'échec même en STS des bacs pros et "l'ambiguïté du positionnement du bac professionnel" qui doit demeurer un diplôme pour l'insertion dans l'emploi.

 

 

Des quotas nécessaires mais pas suffisants

Intervenant en fin de débat, qu'a dit la ministre ? Elle a défendu le bac pro en 3 ans et la place du lycée professionnel face à l'apprentissage. Elle a rappelé son refus de l'apprentissage à 14 ans "car il n'ouvre pas de perspectives mais les referme". Elle a surtout repris les annonces déjà émises le 29 janvier. Elle a rappelé le dispositif de période d'essai en 2de pro qui sera appliqué çà la rentrée 2016 et la semaine de préparation aux stages en entreprise.

La ministre est revenue sur la promesse présidentielle d'ouvrir 500 nouvelles formations professionnelles et de créer 1000 postes en lycée professionnel en 2017. "Je recevrai chaque président de région pour voir comment utiliser ces 500 formations et ces postes" , a annoncé la ministre.

Reste la question du devenir des bacheliers professionnels. Si pour la ministre le bac pro est d'abord un diplôme permettant l'insertion sur le marché du travail, cette vocation "ne doit pas permettre d'ignorer le changement" qui est que la moitié des bacheliers professionnels souhaite poursuivre dans le supérieur. "Pour la rentrée prochaine je souhaite des quotas plus élevés en STS" a annoncé la ministre qui devrait donner des instructions aux recteurs  sur ce point.

C'est bien la possibilité objective de faire des études supérieures et de les réussir qui peut aussi changer la perception du bac pro dans l'opinion. Si les quotas sont nécessaires , sont-ils suffisants ? Depuis 2005, seulement 10 000 places ont été ouvertes dans les STS publiques alors que le nombre de bacheliers professionnels augmentait de plus de 70 000 jeunes.

Trente ans après la création du bac professionnel, l'Etat ne semble toujours pas en avoir tiré les conséquences.

 

François Jarraud

Le Café pédagogique

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